
La Médecine chinoise connaît depuis longtemps le lien entre organes et émotions. Pour faire simple : Cœur : joie/haine, agitation, Rate : réflexion/rancœur, ruminations, Poumons : tristesse, anxiété, Rein : peurs, frayeurs, Foie : colère, frustration
Notre langage reflète également ce lien. Ne dit -on pas « Se faire de la bile » quand on s’ inquiète souvent, ou « en avoir plein le dos » en situation de surmenage ou de surcharge mentale ? Cet article vise à montrer comment les émotions et l’ organisme (et notamment nos viscères) sont liés. J’ y décrirai également la place de la réflexologie dans ce domaine.
Nos émotions influencent nos viscères.
Émotion=faire sortir à l’ extérieur (latin). Elles sont nécessaire à notre équilibre psychique et complémentaires de notre raison. Il est difficile de cacher ses émotions, même si notre éducation nous apprend à les contrôler. On peut cependant être submergé par nos émotions. Les émotions positives sont favorables à notre santé, les négatives au contraire ont un impact défavorable.

Le mécanisme de stress
Les facteurs de stress peuvent être physiques (trauma néonataux, agressions sensorielles, accident, douleur chronique, activité physique excessive ou insuffisante, manque de sommeil, rythme de vie), psychologiques/ émotionnels, relationnels, comportementaux (mauvaises hygiène de vie), métaboliques (intolérances alimentaires, microbiote, parasite, infection, métaux lourds, dysfonctions hormonales, acidose, glycémie, déséquilibre des neurotransmetteurs).
En cas de stress nos 3 cerveaux s’ activent : le cerveau reptilien ( se nourrir, se reproduire, se protéger, fuite ou combat), le cerveau limbique (émotionnel, mémoire, adaptation, apprentissage) et le néocortex (cognitif, langage, inhibition de certaines émotions, contrôle les 2 autres).

Lors d’ un stress (émotionnel, physique ou psychique) le limbique est très souvent le 1er alerté. Il alerte le diencéphale (notamment hypothalamus). Cela mobilise le système nerveux autonome et le système hormonal (axe corticotrope ) par la sécrétion de neurotransmetteurs et d’ hormones. Il y a alors une répercussion sur tout l’ organisme. Le cerveau limbique est un ensemble de noyaux, très central dans le cerveau (place due à l’ évolution) connectés les uns aux autres. Normalement il est contrôlé par le cortex qui le recouvre et notre éducation qui nous apprend à contrôler nos émotions.
Si le stress est trop important, le néocortex est submergé. Il n’ a pas le temps de répondre à la situation de stress. Il est court-circuité par le limbique et il peut y avoir perte de self-control, avec panique, peurs. Le choc émotionnel est mémorisé dans notre cerveau limbique. On a oublié la situation mais le limbique a stocké en mémoire le choc émotionnel. Si on revit quelque chose de similaire même très longtemps après ça réactive cette mémoire émotionnelle (peur, anxiété, angoisse, tristesse, panique).
Les conséquences
Le limbique peut activer le système viscéral mais le contraire peut arriver aussi. Un stress viscéral peut activer le limbique. Il peut se mettre en place une boucle qui s’ auto-alimente avec trouble viscéral et émotion (peur, panique, tristesse). A la suite d’ un choc on peut avoir des troubles viscéraux mais aussi osthéo-articulaires.
Les émotions négatives deviennent cause de maladie quand elles nous submergent par leur répétition, durée, intensité. On parle de somatisation (rendre physique un trouble psychique ou émotionnel). Trouble Viscéral (arythmie, oppression, palpitation, vomissement, colopathie, aérophagie, spasme de la vésicule biliaire, troubles des règles), musculo-squelettique (tremblements, spasmes musculaires, douleurs vertébrales), troubles nerveux (insomnie, céphalée, nervosité), trouble émotionnel (anxiété, peur, panique, tristesse, dépression). Ces troubles, s’il n’y a pas de réponse, peuvent entretenir cette angoisse… et les symptômes s’ aggraver (ulcère de l’ estomac, asthme, eczéma, psoriasis, diabète, Crohn, fibromyalgie, maladie auto-immune, cancer). Attention toutes les maladies n’ ont pas une origine émotionnelle et ne s ‘aggravent pas forcément.

Le limbique est très connecté aux viscères par le nerf vague (70 % fibres sensitives, 30 % fibres motrices). Ce nerf véhicule toute la sensibilité de nos viscères. Il remonte jusqu’ au tronc cérébral. Nos viscères sont très innervées au niveau du parasympathique. Des neurotransmetteurs sont sécrétés par les ganglions de la base (un des noyaux du limbique) et par le système nerveux entérique (SNE) qui se trouve dans l’ intestin, lui-même très connecté au nerf vague. Nos émotions ont un impact sur nos viscères à cause de ces liens nerf vague et neurotransmetteurs.
Le rôle du nerf vague
Il fait partie intégrante de notre système nerveux autonome (SNA). C’est le 10ème nerf parasympathique et le plus long. Il commence dans la partie inférieure du tronc cérébral puis descend le long du cou puis se sépare en 2 une première fois. Il se réunit au niveau des poumons et cœur et se sépare à nouveau dans la cavité abdominale. Le nerf vague informe le cerveau sur notre corps, des organes vers le SNA afférent (du corps vers le cerveau, 80 % de son travail).
Le système nerveux autonome (SNA)

Il est responsable de beaucoup de fonctions automatiques (t°, respiration, digestion, cœur…). Il se compose du système sympathique (stress, action (sport), respiration rapide…) et du système parasympathique (apaiser, restaurer, digérer). Le SNA est responsable de beaucoup de fonctions automatiques (t°, respiration, digestion, cœur…). Il se compose du système sympathique (stress, action (sport), respiration rapide…) et du système parasympathique (apaiser, restaurer, digérer).
Ces 2 systèmes agissent en opposition. Il est indispensable qu’ ils s’ équilibrent. Mais notre organisme est plus focalisé sur le danger, cela étant dû à notre évolution, au début de formation de notre cerveau mais aussi à nos vies surmenées. Ce qui élève le système sympathique et le laisse connecté en permanence.
Influence du nerf vague sur la santé
Si le nerf vague fonctionne correctement, le système récupère rapidement après un stress. Sinon un stress chronique se met en place. Le signe de bon fonctionnement du nerf vague est un rythme cardiaque lent et régulier.
Il agit sur la digestion en contrôlant les muscles de la digestion et en stimulant les enzymes; sur la réponse immunitaire en agissant sur la diminution de l’ inflammation en pilotant des neurotransmetteurs (anti-inflammatoires); sur la respiration ce qui influence le niveau de relaxation. Il interfère avec le parasympathique ce qui diminue le stress et joue sur l’ humeur. Enfin assure la communication entre le cerveau et les viscères (remontée d’ informations), d’ où son importance pour l’ intestin notamment.
Ce qui impacte négativement le nerf vague.
Stress chronique, problème de sommeil, sur-stimulation, déséquilibre intestinal, aliments transformés, café, alcool, déshydratation, ruminations ont un impact négatif sur le nerf vague. Si le corps est trop envahi par le stress, il ne peut pas rééquilibrer le système. Il ne peut plus faire face. La première conséquence d’ une sur-stimulation du nerf vague est un sommeil de mauvaise qualité et donc une restauration moindre de l’ organisme. Car pendant le sommeil sont sécrétées des hormones qui permettent la régénération de notre organisme. Une autre conséquence est un problème de régulation de l’ appétit.

Évitez l’ hyperstimulation le soir (écran, sport), les aliments transformés, les additifs par leur nature inflammatoire, l’ alcool (le soir). Ne pas commencer la journée par un café. L’ eau est nécessaire au nerf vague donc évitez la déshydratation chronique. Évitez également les ruminations et pensées négatives, car le nerf vague ne sait pas si c’ est réel ou non et perçoit ça comme un stress, une menace.
Agir pour réduire le stress
Par une respiration profonde, la relaxation, mais aussi pratiquer une activité physique adaptée (vélo, natation,marche -en forêt notamment-, Qi Gong, yoga, Taiji), danse, chant…

Avoir des pensées positives. Ça ne change pas votre vie mais le regard que vous portez dessus. Ne pas se stresser dès le réveil (café, infos, pensées négatives) mais privilégier un moment de transition doux et agréable pour commencer la journée.Une alimentation saine et notamment une bonne santé intestinale. Moins d’ alcool, de café, pas de tabac.
L’ exposition au froid : eau froide surtout le visage et cou ou avec une serviette humide. Cela diminue la fréquence cardiaque. Attention s’il y a une pathologie avérée, et de toute façon y aller progressivement. On peut se gargariser avec de l’ eau froide (après s’ être brosser les dents).
Des Auto-massages du cou, petits mouvement de rotation. Tout travail dans cette région du cou fait du bien au nerf vague (car il passe par là)
La place de la respiration
Une bonne respiration a un impact positif sur métabolisme, le stress, le système cardio-vasculaire, les tensions. Le rythme cardiaque est influencé par la respiration. Une respiration lente et profonde active le nerf vague, surtout si elle est abdominale. L’ expir doit être plus longue que l’ inspir, si possible 5 à 6x par minute. Trouvez un exercice de cohérence cardiaque qui vous va bien. La cohérence cardiaque active le parasympathique et diminue la pression artérielle.

Tout exercice de respiration sera d’ autant plus bénéfique qu’ il se fera dehors notamment en forêt. Car on y trouve un air chargé en ions négatifs particulièrement favorables à la santé.
L’ aide de la réflexologie

En quoi la réflexologie peut elle être bénéfique ? Le corps expérimente le bien-être, la détente, le calme et s’ en souvient. Cela a des conséquences positives sur l’ organisme (neurotransmetteurs, système nerveux, digestion, immunité, inflammation). Ce que je vais particulièrement travailler : le système nerveux dont le nerf vague, les organes ou systèmes douloureux. Un entretien préalable permettra de mettre en place un protocole personnalisé pour chaque séance.
Ces informations sont données à titre informatif uniquement et ne sauraient en aucun cas constituer une information médicale. Elles ne peuvent en aucun cas se substituer à un diagnostic, une consultation ou un suivi médical. Adressez vous pour cela à un.e professionnel.le.